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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 15:21

MAZweig.jpgUn nom que tout le monde connaît.

Une histoire tragique inscrite dans l’Histoire.

Une femme destinée à être un enjeu politique - Archiduchesse d’Autriche, Dauphine de France puis Reine de France et de Navarre - alors que tout en elle veut la tranquillité, la liberté, la vie de femme, d’épouse et de mère.

Marie-Antoinette, une biographie publiée en 1933, que Zweig a nourrie pour la partie faits historiques, de l’abondante correspondance entre l’Ambassadeur d’Autriche en France, le comte de Mercy d’Argenteau (le vrai seul allié de Marie-Antoinette en France) et l’Impératrice Marie-Thérèse d’Autriche (mère de Marie-Antoinette), mais aussi pour le côté plus sentimental et personnel des lettres signées de la Reine de France retrouvées chez les descendants du comte suédois Hans Axel de Fersen. Aucun document provenant directement de Marie-Antoinette, qui ne gardait aucun papier et brûlait tout.

Jeune Archiduchesse autrichienne, Marie-Antoinette vit entourée de sa famille, dans l’oisiveté d’une cour d’Autriche qui possède une étiquette beaucoup moins stricte que celle de Versailles, où tout est plus naturel, les rapports plus sincères et amicaux, le luxe moindre et la foule moins nombreuse. Mais à son adolescence, elle est propulsée au-devant de la scène politique européenne, par un mariage arrangé (comme il est de coutume à l'époque) entre les cours autrichienne et française, pour sceller l’union et la paix entre Bourbon et Habsbourg. Elle devient bien malgré elle Dauphine de France, en épousant en 1770 le jeune Dauphin, puis Reine de France et de Navarre à la mort de Louis XV en 1774, lorsque son mari, le tout neuf Louis XVI accède au trône.

Mais la jeune femme peine à s’habituer au cérémonial français et subit l’Étiquette, code rigide de la cour de Versailles, beaucoup plus stricte que celle de son enfance.
Elle s’y ennuie tant. Par son éducation « légère » basée sur la musique, la danse et le paraître, elle ne trouve que peu de distractions concrètes. La lecture l’ennuie, elle ne comprend rien à la politique, Versailles l’étouffe. Elle y a très peu d’amis, subit tant de critiques, de jalousies, de moqueries…
Son mari l’aime mais l’évite et la délaisse dès qu’il peut pour une partie de chasse. Cet homme sans éclat est pataud et impuissant. Et pendant plus de sept années, il ne consommera pas son mariage, au grand dam des cours européennes, mais surtout de l’Impératrice Marie-Thérèse et de Marie-Antoinette elle-même.
Sans héritier, Marie-Antoinette devient la risée de la cour, de la France et de toute l’Europe, qui savent par tous les communiqués officiels que rien ne se passe dans la couche royale française.

La cour, l’Étiquette, son statut d’étrangère qu’elle ne parviendra jamais à faire oublier, les responsabilités de Reine et l’obligation de descendance (mais un garçon, s’il vous plaît…), tout l’écrase et l’oppresse. Des chansons, des écrits diffamants apparaissent, accusant l’Autrichienne de tous les maux de France, la décrivant comme l’étrangère malveillante et dépensière, ennemie du peuple et de la raison.
Elle, s’échappe de ces pressions en se donnant à corps perdu dans les distractions les plus diverses et coûteuses, qui vont encore assombrir sa réputation : banquets, jeux d’argent, spectacles et opéras en cachette à Paris, robes et parures hors de prix… Puis elle s’évade de la cour en se recréant un petit univers de liberté, loin de l’Étiquette, du carcan figé de Versailles et des devoirs de la Reine de France. Elle redécouvre les bonheurs simples et insouciants dans son petit Trianon, son havre d’intimité champêtre, que Louis XVI lui a offert en 1774.
Enfin, en 1778, huit ans après son mariage, elle donne naissance à son premier enfant, une fille hélas ! Suivront trois autres naissances, deux garçons et une dernière fille qui ne vivra que onze mois.

À la veille de la Révolution, Marie-Antoinette vient de perdre son premier fils, le Dauphin de France et ne semble pas comprendre ce qui se trame. Elle se laisse convaincre par les idées d’une contre-révolution et pousse alors Louis XVI à ne pas se soumettre. Et c’est dans la résistance que va naître la Reine de France.
Aux Tuileries, puis au Temple et à la Conciergerie, elle ne montrera aucune faiblesse (ou très peu (comment ne pas réagir en voyant la tête décapitée de sa tendre amie la Princesse de Lamballe brandie sur une pique sous ses fenêtres du Temple…)) et sera enfin la Reine, digne, inébranlable, politique et courageuse.

Plus vertueuse que l’image populaire d’une Marie-Antoinette frivole, libertine et insouciante, pas aussi sainte que ce que l’Empire de Napoléon a affirmé pour redorer l’image des derniers rois, Marie-Antoinette que Zweig a ici peinte dans toute son humanité, voulait simplement mener une vie heureuse de femme, de mère, d’amante, plutôt que de subir le titre et les devoirs de la Reine de France et de Navarre.

Pas plus merveilleuse adaptation de cette Marie-Antoinette qu’on aime, qu’on plaint et qu’on voudrait cent fois voir sauvée de sa fin tragique, que le film de Sofia Coppola de 2006. On y voit une Marie-Antoinette mutine, charmeuse, fière et obstinée, seule et sensible, interprétée par une magnifique Kirsten Dunst, femme et Reine de France délicieuse (mais juste un petit bémol sur la relation charnelle avec le comte Axel de Fersen à Versailles présentée dans le film)



Logo-Zweig-gros.jpgCe billet fait partie du Challenge littéraire Ich liebe Zweig auquel je participe.

Si vous êtes intéressés par ce challenge (lire 1 Zweig par mois) ou par le Bébé Challenge (un roman/une nouvelle/ une pièce de théâtre et un essai/une biographie sur l'année), vous trouverez toutes les informations ici.

Un tout grand merci à Bénédicte de m'avoir fait découvrir ce Challenge.

Bonne lecture à tous : )

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Published by *Doudou* - dans Gribouille
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commentaires

Pickwick 30/07/2010 01:07


Je termine la bio, et j'ai juste adoré également. Et je vois que nous avons eu la meme idée de comparer la bio et le film de Coppola ! Zweig est bien plus respectueux de la morale de
Marie-Antoinette, mais il semble qu'il ait eu accès à l'intégralité des écrits de Fersen pour se prononcer... hum difficile de savoir ce qu'il en est !


*Doudou* 03/08/2010 10:59



Oui, cette histoire de lettres brûlées, ça m'a mise en rogne lol


Quel abruti fini peut bien brûler des lettres vieilles d'un siècle et écrite par la dernière reine de France??? Rien que parce qu'elles étaient écrites de la main de MA, il aurait du les mettre
sous verre >_<


RhaAaaaAaAaaA et voilà, je suis en rogne  : D


Biiiiiises!



Jana 06/07/2010 17:24


Hihi, je viens juste de terminer Marie Stuart. J'ai posté un article ici : http://jeudemotetdemain.canalblog.com/tag/Litt%C3%A9rature%20europ%C3%A9enne. Si tu veux aller y jeter un coup d'oeil à
l'occasion (quand tu auras fini ta lecture)... Je repasserai chez toi lire ta critique sur Marie Stuart, histoire de voir si on en a pensé la même chose :))


*Doudou* 12/07/2010 15:24



J'en suis juste quand son fils d'un an se faitcouronner à sa place : D


Je lirai ta critique qd j'aurai fini le livre ;) Biiiiises



Jana 27/06/2010 00:45


Bonjour,
J'ai lu Marie Antoinette il y a quelque temps déjà et, d'après mes souvenirs, je partage tout à fait ton avis. Cette biographie donne une image de la reine bien différente de celle que les français
gardent en tête : humaine, pleine de vie et somme toute assez simple. Ce qui m'a également frappée est la dimension que lui donne la révolution et qui la fait vraiment entrer dans l'histoire.


*Doudou* 06/07/2010 14:24



Bien d'accord!


Dans le même style de biographie, je suis en train de lire Marie Stuart de Zweig! Une petite perle également! Je te le conseille, il est très interessant, bien qu'on connaisse beaucoup moins
cette reine que Marie-Antoinette!


Bises!



Doria 06/03/2010 22:59


Un livre qu'il faut que je me procure !
Je te souhaite une bonne soirée,
Bisous, Doria


*Doudou* 08/03/2010 09:46


Oui, je te le recommande vivement! Il est superbe!
Bises!


Karine :) 01/03/2010 23:34


Il m'attend dans ma pile, ce livre! J'ai vraiment très hâte de le lire!!!


cerisia 01/03/2010 21:47


Je l'ai lu, une très bonne biographie, à lire :)


Jessica 27/02/2010 13:49


De passage pour un petit coucou ! Bon après midi, Jessica.


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